Les
travailleurs étrangers dans l'agriculture
Salariés,
serfs ou esclaves ?

"…J'ai
vu bien souvent qu'ils étaient mieux logés que l'agriculteur…"
(AFP Marseille 24 juillet 2002)
CODETRAS
Collectif de défense des travailleurs étrangers dans l'agriculture
A.S.T.I
de Berre
Association de coopération Nafadji Pays d'Arles
ATTAC Martigues Ouest Etang de Berre
CIMADE,
Confédération Paysanne Droit Paysan Aureilles Esclavage,
Tolérance Zéro
Espace, accueil aux étrangers
Fédération du MRAP 13
FGA CFDT
FNAF CGT
Forum Civique Européen
Ligue des Droits de l'Homme du Pays d'Arles
CODETRAS,
BP 87, 13303 Marseille Cedex 3 / e-mail: codetras@espace.asso.fr
Le
mémorandum du collectif
Les saisonniers
agricoles étrangers sous contrats dits "OMI" (Office des Migrations
Internationales) font l'actualité depuis quelque temps. Tout le monde semble
découvrir l'existence de ces travailleurs immigrés et les conditions déplorables
dans lesquelles ils exercent "en toute légalité" leur activité sous
couvert d'un contrat de type féodal.
Ces travailleurs, qui n'ont de saisonnier que le nom, sont employés massivement
dans les Bouches du Rhône depuis maintenant plus de 30 ans….. Ils n'ont jamais
fait parler d'eux, subissant abus et injustices en silence, du fait de la
précarité de leur statut et de leur extrême dépendance vis à vis de leur employeur,
seul maître de décider leur retour en France d'une année sur l'autre. Certains
d'entre eux ont toutefois brisé la loi du silence en dénonçant les exactions
subies devant les tribunaux.
Saisis à maintes reprises pour soutenir les démarches de ces ouvriers, associations
et syndicats ont décidé de se regrouper au sein du "collectif pour la
défense des travailleurs étrangers dans l'agriculture", afin que soient
condamnées les pratiques illégales de certains employeurs et pour dénoncer
un système global qui favorise et génère de tels dysfonctionnements et abus.
Ce document, fruit des contributions des différents acteurs de ce collectif,
est avant tout une tentative d'explication et d'information de la "problématique
OMI".
Qui sont-ils ces "OMI", quelle est la nature de ce contrat, quelles
sont les pratiques illégales et les discriminations légales induites par l'institutionnalisation
de ces emplois précaires et pourquoi les exploitants des Bouches du Rhône
tiennent tant à les conserver ? Ce type de contrat ne préfigure t'il pas la
création d'un statut européen de main d'œuvre précaire ?
Les
immigrés dans l'agriculture provençale : une histoire ancienne.
L'utilisation
de la main d'œuvre étrangère dans l'agriculture des Bouches du Rhône est une
pratique qui date de fort longtemps. Avant les années 70, Espagnols et Portugais
constituaient déjà le gros des effectifs d'ouvriers saisonniers. Depuis le
début des années 70, Tunisiens et surtout Marocains les ont remplacés, même
si subsistent un nombre important de Portugais.
La disparition de la main d'œuvre espagnole s'explique par l'augmentation
du niveau de vie de ce pays, des indemnités de chômage plus élevées, des revendications
de plus en plus nombreuses, le tout réduisant de fait l'attrait de la France
pour les ressortissants espagnols.
Le choix des ouvriers en provenance du Maghreb a deux explications :
- les liens historiques qui lient ces pays à la France et qui se sont traduits
par la signature de conventions bilatérales de main d'œuvre en 1963.
- la fermeture des frontières à partir de 1974 et le fait que le type de contrat
dit "OMI" devenait la seule possibilité offerte aux employeurs de
faire entrer une main d'œuvre étrangère.
A partir de 1974
le recours à ce type de contrat s'est généralisé en Provence où élevage de
moutons, fourrage et cultures maraîchères représentaient alors les principales
activités agricoles.
Dans les années 80, la concurrence espagnole a ôté aux cultures de plein champ
de la région la qualité de primeur et a poussé les exploitants à se spécialiser
dans la serriculture et l'arboriculture intensive. Ces transformations ont
nécessité l'apport d'une main d'œuvre supplémentaire, non plus seulement pour
quelques semaines mais pour quelques mois, du fait de la nature permanente
de l'activité. Les contrats saisonniers OMI ont vu leur nombre et leur durée
augmenter. Les prolongations dérogatoires de deux mois, au delà de la durée
légale maximum de six mois, sont devenues presque systématiques.. …
En 1981, profitant d'une conjoncture économique et politique favorable (régularisation
exceptionnelle au lendemain de l'élection de Mitterrand), une partie de ces
travailleurs sous contrats saisonniers obtenaient une carte de séjour.
Dans les années 90, les exploitants agricoles ont continué à faire appel à
de nouveaux contrats OMI malgré la volonté des pouvoirs publics de les restreindre,
soucieux de résoudre la montée du chômage. En 1995, devant l'échec de toute
politique d'utilisation de main d'œuvre locale, le gouvernement imposait aux
exploitants, dans le seul département des Bouches du Rhône, un accord cadre
limitant les contrats OMI à ceux déjà existants, avec la visée de réduire
progressivement leur nombre et à terme de les supprimer.
La régularisation exceptionnelle de 1997 oubliait ces quelques milliers d'immigrés,
travaillant pourtant depuis près de vingt ans, pour les plus anciens, et toujours
maintenus dans la précarité. Soutenus par la CGT dans la seule action collective
forte réalisée en 30 ans, ces ouvriers ont gardé de cet événement un sentiment
profond d'injustice.
Depuis la limitation de ces contrats et ce jusqu'en 2000, leur nombre a sensiblement
baissé sur le département (données ITEPSA pour 1998 : 3420 ; pour 1999 : 3378
et pour 2000 : 2858) provoquant le mécontentement des exploitants.
En 2001, sous la pression des agriculteurs prétextant de n'avoir d'autre choix
que de faire appel à la main d'œuvre clandestine faute de bras, les primo
contrats étaient à nouveau autorisés, faisant fi de l'accord de 1995.
Environ 1500 nouveaux travailleurs sous contrats OMI étaient introduits pour
l'année 2001 (portant le total de ces contrats à 4491)..
Cet état de fait a provoqué toutes sortes de dérives et a sûrement conduit
certains d'entre eux à rompre le silence….
Qu'est-ce
que le contrat OMI ?
Des conventions
bilatérales contractées entre la France, le Maroc (du 1er juin 1963 complété
par l'accord franco-marocain sur le séjour et l'emploi du 9 août
1987), la Tunisie (du 9 août 1963 complété par un accord
sur le séjour et le travail du 17 mars 1988 et la Pologne (du 20 mai
1992) permettent aux entrepreneurs essentiellement agricoles de recruter de
la main d'œuvre dans ces pays.
Suivant la procédure dite "d'introduction", l'employeur intéressé
sollicite auprès de la DDTE (Direction Départementale du Travail et
de l'Equipement) l'autorisation d'embaucher à l'étranger un ouvrier saisonnier.
Celle-ci ne peut être délivrée que "lorsque toutes possibilités d'embauche
des demandeurs d'emploi du marché local voire national et communautaire de
l'emploi auront été exploitées" , ce qui revient, en pratique, à vérifier
qu'une offre d'embauche a été déposée sans succès à l'ANPE. Une fois l'autorisation
délivrée, le travailleur désigné par l'employeur est admis à entrer en France
pour une durée de contrat de 6 mois exceptionnellement prorogeable de deux
mois. Au terme de celui-ci, l'ouvrier doit obligatoirement retourner dans
un délai de dix jours dans son pays, sous peine de ne pouvoir bénéficier d'un
nouveau contrat. Pour chaque contrat l'employeur est, en outre, tenu de verser
une redevance forfaitaire à l'OMI.
Il ressort des statistiques de l'OMI que le nombre d'introductions de saisonniers
agricoles est passé de
7 187 en 1999 à 7 929 pour l'année 2000 ; ce nombre atteint 10 403 pour 2001.
Plus de la moitié de ceux-ci travaillent dans le département des Bouches-du-Rhône,
particulièrement dans le secteur des fruits et de légumes.
L'utilisation d'une main d'œuvre étrangère est une pratique habituelle ici,
car elle permet de réduire les coûts de production (pas de nécessité de formation,
de reconnaissance de qualification) et de rester concurrentiel sur le marché
international. A ceci il faut ajouter une particularité régionale : un individualisme
très important des agriculteurs/employeurs qui les amènent à réduire au maximum
leur coût de main-d'œuvre.
Sous payés, disponibles car logés sur place, recrutés en fonction de leur
résistance physique, soumis et dépendants de par la nature même de leur contrat
(renouvelable suivant le bon vouloir de l'employeur), les "OMI"
sont devenus des "permanents à temps partiel".
L'attrait pour la France, du fait du faible niveau de vie de leur pays d'origine,
a favorisé le recrutement et l'organisation de filières d'exploitation.
Pratiques
illégales et discrimination légales :
De l'institutionnalisation de l'emploi des étrangers en situation précaire.
Quand on évoque
la situation des travailleurs sous contrat OMI, il faut tout d'abord dénoncer
les abus résultant de pratiques illégales de certains exploitants agricoles.
De nombreuses situations peuvent être apparentées à un véritable esclavagisme
moderne résultant de pratiques que l'on peut observer tout au long du contrat
mais également avant sa signature et au terme de celui-ci.
- Avant la signature
:
Une négociation s'effectue souvent soit directement entre l'employeur et le
futur ouvrier, soit par l'intermédiaire d'un chef d'équipe, d'un membre de
la famille voire la communauté du futur ouvrier qui se spécialise dans ce
genre de transaction.
Cette transaction fixe la somme à payer pour obtenir le contrat, somme qui
comprend le plus souvent la redevance que l'employeur doit régler à l'OMI
pour l'introduction d'un contrat, complétée par un "impôt clandestin"
dont le montant varie suivant la durée et la nature du contrat (renouvellement
ou primo contrat) et suivant le degré de vénalité de l'exploitant.
- Pendant la
durée du contrat :
Non respect des conditions légales de travail et des conventions collectives
agricoles :
Dépassement d'horaires, pas de repos hebdomadaire, paiement des heures au
SMIC quelle que soit la qualification de l'emploi, obligation de faire des
heures supplémentaires le plus souvent non déclarées et sous payées voir non
payées, absence de visite médicale du travail, mise à disposition chez un
autre employeur, jours fériés, congés, primes d'ancienneté non payés, absence
d'information sur les risques et sur les protections contre les pollutions
( produits chimiques et pesticides utilisés sans gants ou masque) etc. …
Non respect des conditions de logement :
Insalubrité, surpeuplement, manque d'hygiène et non respect des consignes
de sécurité, eau non potable, etc..
- Au terme du
contrat :
L'éventuel retour de l'ouvrier l'année suivante peut faire l'objet d'une nouvelle
négociation si le patron n'est pas satisfait ou si de nouvelles possibilités
de pression lui sont offertes.
Pour exemple, on peut citer les conséquences directes induites par la possibilité
en 2001, pour les employeurs, de faire entrer des primo contrats. Plusieurs
centaines de saisonniers venant depuis de nombreuses années ont été remplacés
par des primo contrats car l'ancienneté ne donne droit à aucune garantie.
Trop âgés, usés et moins rentables pour certains, trop revendicatifs ou pas
assez dociles pour d'autres ….
Certains, faute d'accord leur assurant la possibilité d'un retour, se retrouvent
sans-papiers.
Dénoncer ces
infractions et réclamer qu'elles soient condamnées par la justice française
est certes primordial mais il faut aussi comprendre qu'elles sont favorisées
par la législation relative aux travailleurs sous contrat OMI qui contient
de surcroît des discriminations.
Rapport
de force et impunité : la clef de voûte du système.
La relation de travail entre employeur et employé est si défavorable à ce
dernier que les Prud'hommes ne seront jamais saisis des illégalités précédemment
énoncées. En effet, le système de recrutement des travailleurs OMI, prévoit
que l'employeur peut désigner à l'administration la personne qu'il souhaite
embaucher ou réembaucher. Il est le seul à décider le renouvellement du contrat
d'un salarié ou l'embauche de l'un de ses proches et pourra ainsi exercer
chantages et pressions sur celui qui désire faire valoir ses droits. Les institutions
aggravent ce rapport de force comme la Mutualité Sociale Agricole qui clôt
hâtivement les dossiers d'accident du travail en les consolidant systématiquement
et arbitrairement. Cette pression patronale explique en outre que les travailleurs
ne bénéficient pas pleinement des droits qui découlent de leurs couvertures
maladies (maladies et accident du travail sont "déconseillés").
L'obligation légale pour le salarié de retourner dans son pays au terme de
son contrat est aussi un facteur de l'impunité dont jouissent les exploitants.
Comme aucun droit au séjour ni au travail n'est reconnu, même en cas de dépôt
d'une plainte, le salarié qui s'est maintenu illégalement en France n'osera
pas demander justice et il est difficilement envisageable, pour celui qui
est rentré au pays, de défendre convenablement ses droits.
De quelques
discriminations légales.
En droit
du travail, la loi qualifie de saisonnier le contrat OMI dont la durée est
pourtant, dans la quasi-totalité des cas, de huit mois. Ceci implique des
conséquences en droit du travail. Au vu de leur durée, les contrats OMI sont
en fait des "CDD au rabais" renouvelés indéfiniment sans que le
travailleur puisse bénéficier des droits accordés aux détenteurs de CDD comme
la prime de précarité, ou encore la priorité de réembauche. Cette qualification
permet également aux exploitants d'héberger les employés dans des logements
collectifs.
En droit social, bien que les salariés OMI cotisent au même taux que tous
les travailleurs, moins de droits leurs sont reconnus. Ainsi, dés l'expiration
de leur contrat il est fréquent que le travailleur, ne pouvant plus justifier
d'un titre de séjour, perde toute couverture sociale (alors que les travailleurs
en CDD ont droit à une protection sociale annuelle). De plus, les ouvriers
âgés et fatigués par leurs conditions de travail après des années d'exercice
ne pourront arrêter leur activité prématurément du fait de leur état de santé,
car ils ne peuvent bénéficier, comme les travailleurs étrangers résidents,
de revenus de substitution comme le chômage ou le RMI et ce bien qu'ils aient
cotisé aux ASSEDIC. Enfin, pour ce qui est de leur retraite, certains salariés,
non rappelés après 20 ou 30 ans et ne pouvant revenir en France, ont encore
plus de difficultés pour effectuer les démarches nécessaires à son obtention.
Pour ce qui est du droit au séjour là encore les salariés OMI ne peuvent prétendre
aux maigres droits reconnus aux autres étrangers. Bien que vivant et travaillant
régulièrement en France, ils ne peuvent faire venir leur famille au titre
du regroupement familial. Ils ne pourront, non plus, solliciter la carte temporaire
d'un an délivrée aux personnes qui justifie de 10 années de présence en France
(La législation les contraignant à rejoindre leur pays d'origine
pendant quatre mois après chaque contrat de huit mois, ils ne peuvent
se prévaloir d'une année de résidence requise pour ouvrir
droit au regroupement ni d'une présence continue sur le territoire
français pour l'obtention d'une carte de séjour)…
L'avenir
européen des contrats OMI
Puisque, sous
peu, il appartiendra à l'Europe d'édicter les règles en matière d'immigration,
il est opportun d'envisager les politiques et pratiques étatiques qui serviront
de base à l'harmonisation communautaire. Si globalement tous les Etats de
l'Union affichent une politique officielle de fermeture des frontières, une
analyse plus attentive des politiques nationales révèle qu'il existe des pratiques
permettant de faire face aux besoins en main d'œuvre dans certains secteurs.
Dans le Sud de l'Europe, le recours aux régularisations, qui n'ont d'exceptionnelles
que le nom, rendent possible un tel ajustement.
En Angleterre, dans le cadre d'un dispositif officiel d'importation de main
d'œuvre agricole, il est fait appel chaque année à quelques 10 000 saisonniers,
pour la plupart originaires d'Europe de l'Est, qui n'obtiennent un droit au
séjour et au travail que d'avril à novembre.
En Allemagne, les Grenzarbeitnehmer, des travailleurs est-européens, peuvent
travailler tous les jours dans une zone de cinquante kilomètres à l'ouest
de la frontière allemande à condition qu'ils rentrent chaque soir chez eux
ou qu'ils ne travaillent que les week-ends.
En Autriche, ce sont des quotas, établis annuellement, qui définissent le
nombre d'étrangers qui seront admis au travail suivant les besoins des entreprises.
La législation
européenne connaît une logique similaire : le principe de la préférence communautaire
pour l'emploi dicte les mesures à prendre en matière d'immigration.
Mais comme au niveau étatique, l'Union aménage et nuance ce principe suivant
le contenu de ses impératifs économiques et démographiques. En ce sens, une
telle évolution est perceptible depuis la communication de la Commission datée
de novembre 2000 dans laquelle est admise une reprise de l'appel à l'immigration
de main-d'œuvre.
Ainsi, actant du besoin en main d'œuvre établi dans plusieurs analyses, l'Union
prône ouvertement une politique migratoire utilitariste pour permettre une
"délocalisation sur place" nécessaire au maintien des conditions
de travail précaires. Pour ceux résidant régulièrement et de longue date dans
les Etats membres, la Commission s'attache désormais à établir -dans sa proposition
de directive de mars 2002- un statut de "ressortissant extra communautaire
de longue durée", qui bénéficierait du principe de la libre circulation
auquel serait rattaché le droit au travail. Sont, entre autres, exclues du
champ d'application de ce statut les personnes dont le séjour n'est que temporaire,
tel que les travailleurs saisonniers, pour lesquels il est envisagé de créer
un statut s'inspirant de celui des ouvriers OMI.
En somme, les
droits des travailleurs seront fonction de leur statut : du statut plein et
entier de "national" en passant par celui de "communautaire",
"d'étranger extra communautaire de longue durée", "d'étranger
travailleur", à celui "d'étranger sans-papiers". Et, s'il est
prôné une harmonisation des trois premiers statuts, celui "d'étranger
travailleur" pour lequel le séjour reste limité à la durée du contrat
de travail et celui "de sans-papiers", permettent que soit toujours
disponible sur le marché de l'emploi européen un volet main d'œuvre précaire
et donc flexible. Il est nécessaire de rappeler que cette hiérarchisation
juridique des personnes met en péril la vision égalitaire, de l'Homme fondement
même de nos principes universels.
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"Sept marocains
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"Les contrats
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"Manif
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LA PROVENCE, 4 juillet 2002
"Un collectif
dénonce l'exploitation sauvage des saisonniers",
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"Mobilisation
autour d'un saisonnier étranger exploité"
LA MARSEILLAISE, 5 juillet 2002
"L'embarrassant
statut des saisonniers immigrés" (Article de Samir Heddar)
LA PROVENCE, 8 février 2003
"Un collectif
dénonce l'esclavage des saisonniers "OMI" " (Article de David
Coquille)
LA MARSEILLAISE, 10 février 2003
"4000 serfs
dans les serres" (Article de Laurent d'Arcona)
MARSEILLE L'HEBDO, 12 février 2003
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"Logements" de travailleurs agricoles
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